Pourquoi collectionner des cerveaux?

Dans un laboratoire de l’Université, reposent des centaines de cerveaux humains.

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Quand André Parent raconte qu’il étudie le cerveau humain, il faut le prendre au pied de la lettre. Sa collection compte plus de 400 cerveaux donnés par la famille de patients décédés, surtout des personnes aux prises avec la maladie de Parkinson. On y trouve aussi quelques cerveaux sains, légués par des gens qui voulaient contribuer à l’avancement scientifique. «Chaque année, nous en recevons entre cinq et dix nouveaux», rapporte-t-il.

La spécialité de ce professeur de la Faculté de médecine: l’étude de la région du cerveau qui contrôle la planification des mouvements du corps. Autrement dit: que se passe-t-il dans le cerveau pour que, dès que je lui en donne l’ordre, mon gros orteil se mette à bouger? Dans le cas d’une personne atteinte du parkinson, aucun muscle n’obéit et chacun semble plutôt mener sa propre vie. La communication entre le cerveau et les muscles est détraquée.

Pour comprendre ce qui se passe, André Parent travaille avec des patients en chair et en os. Il teste aussi des modèles mathématiques. Mais les cerveaux de sa banque sont irremplaçables. Dans un même cerveau où le parkinson a fait son œuvre, le scientifique peut observer, à l’échelle moléculaire, des neurones intacts et des neurones détruits. Lesquels? Pourquoi? Voilà les questions qu’il contribue à résoudre…

Et il n’est pas le seul à se servir de cette banque de cerveaux qu’il a mise sur pied en 1995. «Une dizaine de chercheurs de Québec et de Montréal y ont recours», témoigne le neurobiologiste. Certains étudient les causes et les dommages de différentes maladies affectant une portion ou l’autre du cerveau, d’autres s’intéressent davantage aux accidents vasculaires cérébraux.

Il existe une autre banque de cerveaux au Québec, celle de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, un établissement affilié à l’Université McGill (Montréal). Les deux banques sont complémentaires puisque les cerveaux montréalais qu’on y trouve proviennent surtout de personnes suicidées ou atteintes d’alzheimer.

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