Des créations d’étudiants en architecture sont sorties de l’ombre.
Avez-vous déjà fait un travail scolaire que le public a ensuite pu examiner ou même utiliser? Des futurs architectes inscrits à l’Université Laval ont vécu ce genre de gratification: un hôtel bien spécial a construit trois chambres imaginées par eux, des architectes professionnels ont récompensé leur projet architectural pour ajouter une annexe moderne à un bâtiment ancien, et le grand public a acheté les objets très design qu’ils ont fabriqués.Chaque hiver, un hôtel tout de neige vêtu est construit dans la région de Québec et attire 110 000 curieux. Et chaque hiver, grâce à un concours, ce sont des étudiants d'universités québécoises qui créent trois de ces chambres dans l'Hôtel de Glace. Celles conçues récemment par des jeunes inscrits à la maîtrise en architecture à l’Université Laval avaient l’allure d'un atelier de mode, d’une caverne et d’un igloo.
Gagnantes du premier prix en janvier 2012, Virginie Hufty et Andréa Isabelle ont voulu rappeler le caractère magique de la neige. Pour cela, elles ont fait appel au domaine de la Haute Couture (nom de leur projet) pour donner de la texture aux murs et créer une atmosphère à la fois chic et débridée. À l'image de l'atelier du designer, deux mannequins occupent la chambre et font face au lit, dont la base donne aussi dans la couture par son relief rappelant la dentelle.
Dans la chambre-caverne inventée par Joannie Brouillard, les dormeurs couchaient entre stalagmites et stalactites de glace. Plusieurs de ces gros glaçons pointaient directement vers les oreillers; menaçants mais solides! Quant à la base du lit, en glace étincelante, elle était entourée d'éclats bleutés et mauves. Rien de plus nordique que cette chambre baptisée Stalagmite. On aurait pu se croire dans un univers glaciaire, thème que l’Hôtel de Glace a mis en valeur en 2010.
Et qu’en était-il de la chambre-igloo imaginée par Christian Dupont, Guillaume Fafard et Nicolas Paré en 2009? Un étroit tunnel pour y accéder. Plafond arqué. Neige et glace partout. On ne doute pas que l'allure générale de cette suite s’inspirait de l’igloo. Afin d’accroître l’intimité du lieu, le lit nichait juste sous le toit, au bout d’un escalier de glace. Bordé par un demi-mur glacé, il avait l’allure d’un véritable cocon pour amoureux.
Pour remporter ce concours, les étudiants doivent faire preuve d'originalité et d'innovation. Les juges se basent aussi sur le concept du projet et sur sa faisabilité. En plus de faire construire la chambre selon leurs plans, l’Hôtel de Glace offre aux gagnants d’y coucher une nuit sans débourser le tarif habituel de 199$ par personne. Cher? Pourtant, l’an dernier seulement, 4000 personnes se sont offert une nuit dans l’une ou l’autre des chambres de l’Hôtel. Brrr…
Que peut-on construire de beau et de moderne à côté d'un bâtiment datant de 1663? Comment ne pas défigurer un édifice patrimonial? Trois étudiantes de l’École d’architecture ont tellement bien répondu à ces questions que leur projet a remporté deux prix en 2011.
Pas moins de 115 équipes d'architectes et d'étudiants provenant de 22 pays ont relevé le même défi qu’elles lors du concours Ajout manifeste, organisé par l'École d'architecture en 2011. Seule consigne: concevoir une structure contemporaine et la relier au Vieux-Séminaire-de-Québec, le bâtiment majestueux qui loge les étudiants en architecture. Classé deuxième à ce concours, le projet de Catherine Houle, Marianne Lapalme et Vanessa Poirier a ensuite raflé les honneurs des Prix d’excellence cecobois 2011, catégorie Concept étudiant.
Intitulé SHED (Système hybride d’expérimentation et de diffusion), ce projet champion mise sur les énergies renouvelables: un bâtiment fait de bois apparent et immensément vitré, en plus du chauffage solaire passif, de l'éclairage naturel et de la récupération d'eau de pluie. Ajoutez à cela un aménagement extérieur faisant place à des espaces verts, une patinoire et un grand écran pour la projection de films.
Côté apparence, les étudiantes ont dessiné un bâtiment qui fait beaucoup appel aux formes triangulaires. Cinq triangles côte à côte forment la structure du toit et donnent une allure avant-gardiste à cette construction. Dans l'entrée principale, du plafond au plancher, les portes créent aussi des triangles de dimensions différentes.
Dans le cas du concours d’idées Ajout manifeste, dont le jury était composé d’architectes professionnels, une autre équipe de l’Université Laval a figuré au palmarès. Romy Brosseau, Julien Beauchamp, Émilie Gagné-Loranger et Alexandre Hamlyn ont récolté une mention pour Shlack!!!, un projet qui crée un véritable campus dans le Vieux-Québec. Leur bâtiment futuriste regroupe les locaux de plusieurs disciplines artistiques en plus d'un amphithéâtre, d'une salle d’exposition, d'une cafétéria et d'un laboratoire informatique.
Fabriquer une chaise, une lampe ou une horloge pour financer son bal de finissants? Oui, ça se peut! En fin de maîtrise, les étudiants en architecture lèvent la tête de leurs plans de bâtiment et appliquent à petite échelle leur créativité. Une cinquantaine d'objets du quotidien se trouvent ainsi réinventés chaque année, puis vendus à l’encan.
Tous les matériaux sont permis. Des exemples? Une lampe fabriquée à partir de montures et de verres de lunette, une horloge conçue avec les touches d’un clavier allant de F1 à F12 et posées sur un circuit imprimé, une patère faite d’un mannequin auquel on a fixé six bras.
C’est le genre de pièces très design que les visiteurs de l’exposition annuelle L’Objet peuvent voir chaque mois d’avril. La vente de ces pièces uniques permet aux finissants de s’offrir une soirée de fin d’études inoubliable.
